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27 juillet 2026

Vivre de sa plume : ce qu'on ne raconte pas assez

Entre la passion et le métier, il y a une réalité plus discrète dont on parle rarement. La voici, sans filtre.

Beaucoup de personnes qui m'écrivent rêvent de devenir écrivaines. C'est une intention magnifique, et je la comprends d'autant mieux que je l'ai portée moi-même très longtemps. Mais il y a une partie de ce métier dont on parle peu, presque par pudeur, et qui mérite pourtant d'être dite clairement.

Vivre de l'écriture, ce n'est pas seulement écrire. C'est aussi gérer des délais, répondre à des dizaines de messages professionnels, suivre les ventes, organiser des séances de dédicace, retravailler un texte pour la cinquième fois alors qu'on était certain qu'il était terminé. L'image romantique de l'écrivaine inspirée, assise face à la mer avec une tasse de thé, existe parfois, mais elle est entourée de beaucoup d'heures plus ordinaires, parfois plus arides.

Il y a aussi la question, plus délicate, de la régularité. Les premières années, les revenus sont rarement stables. J'ai connu des mois où l'écriture ne suffisait pas, et où j'ai continué à travailler à côté, non par manque de talent ou de conviction, mais simplement parce que ce métier, comme beaucoup de métiers créatifs, demande du temps avant de pouvoir nourrir une vie entière. Je le dis sans amertume : ces années-là m'ont appris la patience, et une certaine humilité face au métier.

Ce qui m'a permis de tenir, je crois, c'est de ne jamais avoir écrit uniquement pour la réussite. J'écrivais déjà avant de savoir si quelqu'un me lirait un jour. Cette raison-là, plus profonde que l'ambition, est celle qui résiste le mieux aux périodes difficiles, et elles existent, dans ce métier comme dans tous les autres.

Je crois aussi beaucoup à l'idée de construire son chemin pas à pas plutôt que d'attendre un succès soudain. Publier un premier texte sur un blog. Participer à un concours. Partager un extrait avec une communauté de lecteurs, même petite. Chacune de ces étapes construit, lentement, une légitimité et une confiance qu'aucun raccourci ne peut offrir.

Si vous envisagez ce chemin, je ne veux pas vous décourager, bien au contraire. Je veux simplement vous offrir une image honnête, pour que vous avanciez les yeux ouverts. Le métier d'écrivaine est exigeant, parfois instable, souvent solitaire. Mais pour celles et ceux qui ont vraiment besoin d'écrire, il reste, malgré tout, l'un des plus beaux que je connaisse.

Et vous, à quoi seriez-vous prêts à renoncer pour suivre une passion, ou l'avez-vous déjà fait ?

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